Colloque UTP - PFUE du 1er mars 2022 : la synthèse, les photos, le replay

Jeudi 3 Mars 2022

Plus de 370 acteurs - professionnels, élus, experts, partenaires… - du secteur des transports publics et ferroviaires ont assisté, en présentiel et à distance, au colloque : « Les transports publics et ferroviaires : fers de lance de la mobilité durable et intelligente », organisé par l’UTP le mardi 1er mars.

Inscrit dans le cadre de la Présidence française de l'Union européenne, cet événement – qui a reçu le label « Présidence française du Conseil de l’Union européenne » (PFUE)-  a permis de rappeler les atouts fondamentaux des transports publics urbains et ferroviaires pour la qualité de vie, la cohésion sociale et territoriale, le développement économique, et bien sûr pour la protection de notre planète dans un contexte d’urgence climatique.
Les échanges se sont organisés autour de deux tables-rondes sur deux sujets majeurs pour la profession : la mobilité durable et la mobilité intelligents, grands thèmes abordés par la Commission européenne dans sa Stratégie pour une mobilité durable et intelligente présentée en décembre 2020, véritable feuille de route de l’Exécutif européen pour les prochaines années.

Le replay, en vidéo

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Quelques extraits.

Introduction

Adina Vălean, commissaire européenne aux Transports, a adressé un message vidéo.
«  En 2018, les transports publics ont permis d’économiser 36 milliards de trajets en voiture, soit 100 millions par jour dans les villes de l’Union européenne.
Le nouveau cadre européen pour la mobilité urbaine devra permettre une mobilité sûre, accessible, inclusive, intelligente, résiliente et zéro émission. Il appelle et soutient un renforcement du rôle des transports publics. La transition verte doit être une transition juste. Nous ne devons laisser personne de côté en matière de couverture, d’accessibilité et de prix abordable de la mobilité.»

 

Karima Delli, eurodéputée, présidente de la commission des Transports du Parlement européen s'est exprimée en direct du Parlement européen.
« La mobilité de demain sera durable et inclusive. Le transport public est capital dans les aires urbaines, or les efforts publics n’ont pas été mis là où c’était nécessaire. Il n'y a pas de logique d’investissement réel, comme dans le ferroviaire. Nous avons besoin de la contribution des opérateurs et AOM, experts sur leurs territoires sur les grands textes en préparation.
Beaucoup de choses très intéressantes sont faites dans les transports collectifs français, espérons que la PFUE permettra enfin de les mettre en valeur ! »

Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, a adressé un message vidéo.
« L'Europe s'est fixée des objectifs en matière de transition écologique : - 55% de nos émissions en 2030, et neutralité carbone en 2050. La solution pour atteindre ces deux objectifs ? Développer les transports qui émettent le moins, et cela veut dire : plus de transports en commun. L’État est au rendez-vous et le restera pour aider ceux qui s’engagent en faveur d’une mobilité plus durable. Merci à l’UTP pour cet événement, qui permet de le rappeler, de se projeter, et d’avancer ensemble. Train léger, ouverture à la concurrence et digitalisation du réseau ferroviaire, électrification et retrofit des bus, sont des pistes pour ceux s’engagent, de longue date, pour une mobilité plus durable. » Enfin, le ministre a annoncé un appel à projets, qui sera bientôt lancé, sur le train à hydrogène et le retrofit des bus et cars diesel. »

La première table-ronde a porté sur la mobilité durable et sur le Green Deal européen dont l’objectif est de parvenir à la neutralité carbone dans l’Union européenne d’ici 2050

Marc Delayer, vice-président de l’UTP et directeur général des Transports Publics du Choletais (AGIR Transport).
« Il est dommage que la stratégie européenne n’ait pas fixé d’objectif chiffré de part modale pour les transports collectifs urbain, contrairement au ferroviaire. »

Herald Ruijters, directeur Investissement, Transport innovant et durable, DG MOVE, Commission européenne.
« Proposition RTE-T : l’urbain n’est plus subsidiaire : prescription de 404 nœuds urbains, d’indicateurs et de plans de mobilité... il faut organiser les réseaux transeuropéens aussi au niveau du dernier kilomètre, or encore beaucoup de villes ne sont pas encore mobilisées. Plusieurs programmes européens de soutien à l’innovation pour les modes durables, et les prescriptions vont encore se durcir pour favoriser ces modes durables Besoin urgent de planification jusqu’en 2041 : il faut convaincre que les secteurs ont une vision à long terme. »

Jacques Fernique, sénateur du Bas-Rhin, vice-président de la commission des Affaires européennes et membre de la commission de l’Aménagement du territoire et du développement durable du Sénat.
« En qualité de nouveau sénateur, je retiens que les mobilités sont un gros morceau du problème et une grosse partie des solutions. Mais il y a des lenteurs, obstacles (ecotaxe alsacienne par exemple) : je mesure combien il serait nécessaire que le débat démocratique permette de trouver un nouvel élan partagé sur la mobilité durable (nous écrivons le scénario climat après 2050 aujourd’hui). Il serait nécessaire que le débat démocratique permette de trouver un nouvel élan partagé sur le front des mobilités durables ! Il faut trouver des modèles économiques, des niveaux d’investissement requis, penser la formation, etc. sinon rien ne sera à la hauteur ! C’est le défi de la modernité et des opportunités créatives ! »

Michel Neugnot, 1er vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté et président-délégué de Régions de France.
« Il ne faut pas opposer les modes. Il faut mettre plus de monde dans chaque véhicule et le constater avec de bons indicateurs. Ne pas vendre du rêve partout, plus on sera vertueux, moins on aura de recettes. Pour le ferroviaire, tout commence par le réseau et par sa qualité, or la France est en retard (ERTMS, aiguillage, 5G). »

Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom France et membre du conseil d’administration de la FIF.
« Si on veut faire du transfert modal, il faut pouvoir utiliser mieux l’infrastructure. Chaque génération de matériels, c'est 20% d’économies d’énergie. L'ancrage local des transports collectifs, opérateurs et industriels, c'est près d’un million d’emplois en tout. »

Sylvie Charles, vice-présidente de l’UTP et directrice générale de SNCF Transilien.
«  Il ne faut pas oublier la capacité d’emport des transports collectifs et du fret ferroviaire dans un espace limité. Il faut développer une offre de qualité car elle crée la demande, donc nous attendons de l’Europe, des AOM et de l’Etat un effort d’investissement, pas seulement pour les infrastructures (verdissement des flottes). Nous sommes favorables au principe pollueur-payeur. »

La seconde table-ronde a porté sur la mobilité intelligente :  comment les innovations, nombreuses dans notre filière, et les nouvelles technologies peuvent nous aider à rendre la mobilité toujours plus sûre, efficace et intégrée, au service des voyageurs et des chargeurs.

Thierry Mallet, vice-président de l’UTP et président-directeur général du groupe Transdev.
«  L'enjeu est de pouvoir disposer d’alternatives à la voiture, et pas seulement pour la transition énergétique. L'ouverture des données doit être respectueuse de la politique locale de la mobilité : la LOM est un succès pour identifier les manques de services, rendre plus visibles les offres et réussir le report modal. Le digital ne doit pas constituer une nouvelle fracture : tout le monde doit pouvoir en profiter. »

Herald Ruijters, directeur Investissement, transport innovant et durable, DG MOVE, Commission européenne.
« Les propositions de l’UE sont encore à formuler, encore en débat. Je suis aussi ici pour tester les projets de lignes directrices. Début 2023 : propositions MDMS (multimodal digital mobility services), études d’impact en cours, forums mis en place, vers des solutions de type MaaS, avec pour objectif de renforcer la LOM, qui a bien placé les jalons et les équilibres (ne pas faire l’erreur qui a été faite dans l’aérien), ne pas faire de discrimination (nouveaux entrants), probablement approche phasée (dans les 424 villes de plus de 100 000 hab d’abord ?) et finalité : choix le plus respectueux de l’environnement (intégrant les transports collectifs) et inclusif. »

Damien Pichereau, député de la Sarthe, vice-président de la commission du Développement durable et de l’aménagement du territoire et membre de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale
« La mobilité intelligente doit être au service de la mobilité durable et inclusive. Avoir une offre ne suffit pas : il faut lever les freins à la multimodalité. »

Florian Maitre, vice-président de la Communauté d’agglomération Grand Lac en charge des déplacements, de l’intermodalité et du projet de territoire, et vice-président du GART délégué à la Mobilité digitale
« Le MaaS remet les autorités organisatrices au coeur de la gouvernance des territoires. Les élus doivent être sensibilisés au digital, qu'il faut notamment intégrer dans les DSP. »

Cristina Pronello, professeure à l’Ecole polytechnique de Turin et titulaire de la chaire Mobilité intelligente et dynamiques territoriales à l’Université de Technologie de Compiègne.
« Tous les grands propriétaires de données sont en dehors de l’Union européenne : c’est une réalité, ils possèdent déjà toutes les données. Le MaaS, il faut que ce soit l’état ou l’Union européenne. »

Marie-Claude Dupuis, vice-présidente de l’UTP et directrice Stratégie, développement durable et immobilier du groupe RATP.
« Le MaaS : un règlement sur un tel sujet dès 2023 nous paraît un peu ambitieux compte tenu du niveau de maturité des différents états membres. »

Conclusions

Marc Papinutti, directeur général des Infrastructures, des transports et de la mer (DGITM).
« Tous les territoires ont une AO avec toute une palette d’outils pour faire émerger des nouveaux services aux voyageurs. »

Marie-Ange Debon, présidente de l'UTP et présidente du directoire du groupe Keolis.
"Les transports publics et ferroviaires, affaiblis par la crise sanitaire, sont les fers de lance de la mobilité durable et intelligente, qu'ils n'en soient pas les oubliés!"

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Crédits photos : Benedite Topuz